Synopsis
L'ascension et la chute de J. Robert Oppenheimer, père de la bombe atomique, entre triomphe scientifique, culpabilité dévorante et procès politique.
La critique
Un biopic qui n'en est pas un
Oppenheimer aurait pu être une frise chronologique à Oscars. C'est un procès mental : Nolan enferme sa caméra dans le crâne d'un homme qui comprend avant tout le monde — et trop tard — ce qu'il a déclenché. Le montage en trois temporalités, loin d'être un gadget, reproduit la fission : tout s'entrechoque jusqu'à la réaction en chaîne.
Cillian Murphy, enfin
Des années de seconds rôles pour en arriver là : un visage creusé qui joue la culpabilité sans jamais la dire. Face à lui, Downey Jr. rappelle qu'avant Iron Man il était un immense acteur.
Trinity
La séquence de l'essai, sans un seul plan en images de synthèse, est un sommet de mise en scène : la lumière d'abord, le son après, le silence surtout. On sort de la salle avec ce décalage-là dans le corps.
Reste une question que le film effleure sans la regarder en face : Hiroshima n'existe ici qu'en hors-champ. C'est un choix — le film est le portrait d'un aveuglement — mais il se discute.

